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Une fois la lettre de licenciement reçue, la démission (claire et non équivoque) signifiée au chef, ou une fois la convention de rupture signée et paraphée, une sensation étrange nous envahit... En effet, le moment tant redouté ou tant attendu (tout dépend le contexte) arrive et la première sensation que l’on ressent, outre l’angoisse relative à notre future situation financière se résume en une seule phrase : « maintenant, qui suis-je ? ».

Et oui, malgré les conseils de ce bon vieux Tyler Durden (Fight Club, 1999), même si nous ne sommes pas sensés être « notre boulot ou notre compte en banque », la réalité est bien plus complexe. Nous passons 8 heures par jour au travail, soit plus de la moitié d’une journée traditionnelle. De plus, notre travail est le reflet de ce que nous sommes dans la société. A l’instar de l’ancien système corporatiste, chacun est fier d’arborer son appartenance à la famille des « intellectuels », des « cadres supérieurs », des enseignants, des « métalos », des  « ouvriers du BTP » ou des Dockers…

Le premier jour de chômage arrivé, la sensation de n’être plus qu’une coquille vide nous envahit et celle-ci s’avère être le premier symptôme du phénomène de glissement ressenti par de nombreux chômeurs. Ah, ça y est, le mot est lâché : « chômeur ». Non seulement nous perdons notre « statut social », mais nous occupons de plus une place méprisée par la société. Aux yeux de bon nombre, nous devenons dépendant du système, des gens qui bossent. Nous sommes ainsi relégués au rang de « parasites ».

Malgré ces sensations, ne dramatisons pas. Hauts les cœurs, que diable ! Avec bientôt 3.5 millions de chômeurs en France, les mœurs évoluent et le chômage est de plus en plus accepté. En réalité, chaque cellule familiale est ou sera amené à connaitre cette transition…

« Transition »… En voilà un mot positif ! Il laisse en effet entrevoir un avenir et préparer l’avenir, c’est justement cela qui nous intéresse !

Parce que, selon la conception que l’on en a, un chômeur ou ce qu’il devrait être, ne se résume pas simplement à un aficionado de la grasse mat’. Ce n’est pas non plus un dépressif, victime de la société passant son temps à se lamenter sur son sort. Il est également loin de l’acharné de la lettre de motiv’, envoyant son CV à toutes les entreprises de France et de Navarre, ou à répondre systématiquement tous azimuts aux offres d’emploi car « du travail, c’est tout de même du travail ! »… Non !

La personne au chômage doit tout d’abord être quelqu’un qui fait un point sur ce qu’il veut faire de sa vie : mon, ancien emploi me plaisait-il vraiment ? Quels étaient mes rêves auparavant ? Puis-je les atteindre ? Comment m’en rapprocher ? Puis-je ou dois-je reprendre des études ? Ais-je d’autres projets professionnels ou non ? Comment puis-je peaufiner mon CV, parfaire mes compétences pendant cette période de recherche d’emploi ? Comment décrocher le job qui me plait vraiment ? Quelles stratégies adopter ? Comment me vendre, me démarquer, savoir affronter le changement ?

Certes, la situation financière est une variable à prendre en compte, variable qui influe sur notre capacité à donner du temps au temps.

Qu’importe, à la mesure des circonstances vécues et rencontrées durant cette période, tout chercheur d’emploi se doit, non pas de supporter le présent et le futur, mais de préparer et construire sa vie, autant que faire se peut.

 

Jérémie FLANDRIN