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Pour la majorité des français, le 1er mai rime avec farniente et muguet. Pour d’autres, ce jour s’apparente au « jour J de l’année », celui où l’on descend dans les rues, pancarte à la main, afin de clamer ses revendications à l’égard du monde du travail.

La fête du travail en France s’est depuis toujours confondue avec la journée internationale des travailleurs. En effet, au sein de nombreux pays, ce 1er mai est férié et constitue une occasion pour les travailleurs de célébrer leurs combats tout au long de l’histoire du salariat.

A l’origine, cette journée était un jour international de grève pour la réduction du temps de travail (combat pour la journée de 8 heures afin de coller au triptyque 8h de travail - 8h de vie familiale - 8h de sommeil). Suite au massacre de Fourmies (59) du 1er mai 1891 faisant 9 morts dans le camp des travailleurs à l’occasion d’une manifestation, cette journée vit sa symbolique prendre de la proportion.

 

C’est en 1947 que le 1er mai prit officiellement le nom de « fête du travail ». Aujourd’hui, cette journée est bien sûr toujours fériée (payée double voire plus selon les conventions collectives pour les employés des entreprises ne pouvant stopper leur production) et demeure toujours source d’engouement pour les organisations syndicales, afin de manifester pour l’amélioration des conditions de travail ainsi que la hausse des salaires d’une part, mais également pour l’aspect commémoratif d’autre part.

 

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Malheureusement, depuis la crise financière de 2008 et la crise économique de 2010, le premier mai est marqué par un climat morose en termes d’emplois, et c’est notamment le cas en 2014 multipliant les mouvements de manifestation contre la fermeture d'entreprises.

Il était en effet question cette année de sortir de la crise. Malheureusement, les prévisions étaient bien optimistes. Partout en France sont annoncées des pertes d’emplois, des plans sociaux, des liquidations judiciaires ou des externalisations. En 2013 ont été comptabilisées 63.000 défaillances d’entreprise ! Autrement dit, un record…

Bien que les difficultés des grandes entreprises soient massivement traitées par les médias, ce sont principalement les TPE et les PME qui sont touchées en réalité.

Alors que la situation d’Alstom ou d’Arcelor Mittal sont sous les projecteurs, le cas des grandes entreprises contraintes de réduire leur personnel de manière progressive ne sont pas mis en lumière. A fortiori, il en est de même pour les PME ou TPE dont la fermeture ne fait pas grand bruit, mais qui, de manière cumulée par l’addition des défaillances, détruisent des bassins d’emplois…

Quid également des sites de production appartenant à de grands groupes étrangers ou non, décidant de se séparer de leurs petites usines françaises ou sous-traitants? Là encore, silence radio sur les grandes ondes, l’information dépassant à peine les frontières locales. Il en est ainsi par exemple pour le site BETAFENCE Bourbourg (59), dont la fermeture s’est produite sans grand bruit supprimant 65 emplois début 2014, ou ArjoWiggins Wizernes (62), appartenant au groupe français SEQUANA Capital menaçant de fermer cette papeterie en 2015 et par la même occasion, de supprimer 300 emplois.

Retrouver un équilibre économique devient urgent. Il est certes important de ne pas régresser socialement en conservant nos acquis, mais il est également nécessaire de songer à la compétitivité des entreprises tout en facilitant l’emploi.

Il est temps de stopper cette hémorragie en accordant plus d’importance aux entreprises sur le sol français. Il est nécessaire de les aider, n’en déplaise aux détracteurs du « patronat » ne fondant leurs convictions qu’à l’aune de la richesse des grands groupes effectuant des licenciements boursiers à tour de bras.

Gardons en mémoire que 97% de notre tissu industriel est composé de TPE et de PME. Arriverons-nous à trouver des mesures pour sauver nos entreprises ? Le pacte de responsabilité ainsi que les diverses propositions de simplifications administratives suffiront-il à créer des entrepreneurs et conserver nos PME ?

Contre toute attente et faute de réponse à ces questions, nous vous souhaitons un excellent premier mai et un repos bien mérité pour ceux qui font le pont, ainsi que du courage pour ceux qui sont, quant à eux, sur le pont. En n’oubliant pas toutes ces personnes, dont le nombre ne cesse d’augmenter,  patientant sur les quais, attendant l’embarquement…

 

 

Jérémie FLANDRIN